Le chanteur marocain Saad Lamjarred a été condamné en appel, samedi à Créteil, à dix ans de réclusion criminelle pour viol, une peine plus lourde que celle prononcée en première instance.
Très populaire au Maroc et dans le monde arabe, l’artiste de 41 ans avait été condamné en 2023 à six ans de prison par la cour d’assises de Paris.
Selon le parquet général, qui s’est exprimé auprès de l’AFP, Saad Lamjarred a été condamné à dix ans de réclusion criminelle, avec mandat de dépôt, pour viol aggravé en raison de son état alcoolisé au moment des faits. Le parquet général avait requis huit ans d’emprisonnement.
L’un de ses avocats, Me Marie Burguburu, a annoncé à l’AFP qu’un pourvoi en cassation serait formé, précisant que l’artiste continuait de clamer son innocence.
Saad Lamjarred a été reconnu coupable d’avoir violé, en 2016, Laura P. dans une chambre d’hôtel parisienne. Les deux s’étaient rencontrés dans une boîte de nuit. La jeune femme était âgée de 20 ans au moment des faits, tandis que le chanteur en avait 31.
Dans une autre affaire, Saad Lamjarred a été condamné en mai à cinq ans de prison par la cour d’assises du Var, à Draguignan, pour le viol d’une jeune femme en 2018 près de Saint-Tropez. Il a fait appel de cette décision.
À Créteil, le procès en appel s’est déroulé à huis clos, après avoir été reporté en juin 2025 afin de permettre la réalisation d’investigations supplémentaires.
« Cette peine me paraît s’expliquer notamment par le profil inquiétant de l’accusé, mais aussi par la stratégie particulièrement agressive adoptée » à l’égard de la plaignante, a déclaré à l’AFP Me David Chemmi, l’un des deux avocats de Saad Lamjarred.
« La remise en cause systématique de sa parole, tout comme les attaques dirigées contre les enquêteurs et les experts, ont manifestement été mal perçues par les jurés », a-t-il ajouté, estimant que « l’on peut défendre un accusé avec détermination, mais on ne peut le faire en niant ou en méprisant la victime ».
Dans cette affaire, cinq personnes avaient été condamnées en avril pour une tentative d’extorsion visant le chanteur. Une somme de trois millions d’euros leur avait été réclamée afin que la plainte soit retirée et que la plaignante ne vienne pas témoigner devant la cour d’assises.
Laura P. avait été relaxée. Sa mère, une avocate et une influenceuse, ainsi que deux autres personnes, avaient en revanche été condamnées à des peines allant de six mois à deux ans d’emprisonnement avec sursis.
Saad Lamjarred avait également été mis en cause dans des affaires similaires au Maroc en 2015 et aux États-Unis en 2010. Dans cette dernière affaire, une procédure pour viol et agression sexuelle avait été classée après un arrangement financier avec la victime.
