Les États-Unis ont instauré une nouvelle politique en matière de visas visant des responsables et ressortissants étrangers accusés d’adopter ou de faciliter des politiques fondées sur la discrimination raciale, l’incitation à la violence ou encore l’autorisation d’expropriations foncières sans indemnisation en Afrique du Sud.
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a indiqué, dans une publication sur le réseau social X, que cette nouvelle politique ciblait les personnes qui mettent en place ces politiques ou en facilitent l’application. Il a également accusé le gouvernement sud-africain de ne pas répondre suffisamment à ce qu’il décrit comme des violences dans les zones rurales, à des discours violents et à des politiques fondées sur la race visant notamment les Afrikaners et d’autres minorités.
Marco Rubio a par ailleurs accusé le gouvernement sud-africain d’«alimenter les griefs raciaux contre la minorité afrikaner», affirmant que les États-Unis n’avaient, selon ses termes, «pas de place pour les responsables qui sont derrière ces pratiques».
Le différend porte notamment sur la loi d’expropriation adoptée par l’Afrique du Sud en 2024. Celle-ci accorde au gouvernement des pouvoirs lui permettant de procéder à l’expropriation de propriétés privées lorsque l’intérêt public le justifie, avec la possibilité, dans certaines circonstances exceptionnelles, de procéder sans indemnisation.
Le gouvernement sud-africain défend cette législation comme un instrument de réforme agraire destiné notamment à corriger les effets de l’apartheid, qui avait privé la majorité noire de l’accès à la propriété foncière. Les partisans de la réforme soulignent également la persistance de fortes inégalités dans la répartition des terres agricoles privées.
Ses détracteurs estiment, de leur côté, que cette loi pourrait ouvrir la voie à des mesures visant la minorité blanche, même si le texte ne désigne aucune communauté raciale particulière comme cible des expropriations.
La décision américaine intervient dans un contexte de tensions croissantes entre Washington et Pretoria. En février 2025, l’administration du président Donald Trump avait déjà pris des mesures comprenant notamment le gel de certaines aides, tout en accusant le gouvernement sud-africain de mener des politiques discriminatoires.
La même administration avait également annoncé un projet visant à accueillir aux États-Unis des agriculteurs blancs sud-africains et à faciliter leur réinstallation, une initiative qui avait illustré l’ampleur des divergences entre Washington et Pretoria sur les questions foncières, raciales et l’héritage de l’apartheid.
