Fouzi Lekjaa, membre du bureau politique du Parti Authenticité et Modernité (PAM) et ministre délégué chargé du Budget, a affirmé, jeudi à Bouarfa, que la vision de son parti pour les prochaines années repose avant tout sur la défense des intérêts du Maroc et l’amélioration des conditions de vie des citoyens.
Intervenant lors d’une rencontre à Bouarfa, Fouzi Lekjaa a présenté plusieurs axes que le PAM entend, selon lui, placer au cœur de son action à l’horizon 2031. Il a notamment cité le soutien au pouvoir d’achat, la protection des agriculteurs et des éleveurs face aux effets de la sécheresse, l’amélioration des conditions de vie des retraités et des veuves, ainsi que la réforme des secteurs de la santé et de l’éducation.
La réduction des disparités territoriales, notamment entre les zones urbaines et rurales, figure également parmi les priorités évoquées par le responsable gouvernemental, qui a plaidé pour un développement plus équilibré entre les différentes régions du Royaume.
Les intérêts du Maroc avant les considérations politiques
Revenant sur la participation du PAM à l’action gouvernementale au cours des cinq dernières années, Fouzi Lekjaa a estimé que cette expérience avait permis au parti de développer une nouvelle conception de l’action politique et de la gestion des affaires publiques.
Selon lui, cette conception consiste à placer les intérêts du pays au-dessus des considérations liées aux postes, aux positions ou aux gains politiques.
« Avant de penser à la répartition des avantages et des acquis, nous devons servir les intérêts du Maroc », a-t-il déclaré, considérant que cette formule résume une conception particulière de l’action politique et des responsabilités publiques.
Le responsable du PAM a ainsi défendu une approche fondée sur le travail, la responsabilité et la recherche de solutions concrètes aux problèmes auxquels sont confrontés les citoyens.
Le secteur agricole a occupé une place importante dans l’intervention de Fouzi Lekjaa, notamment dans un contexte marqué par plusieurs années de sécheresse et par les difficultés rencontrées par les agriculteurs et les éleveurs.
Il a appelé à revoir certains mécanismes de soutien au secteur agricole afin de garantir que les aides publiques bénéficient directement aux populations concernées.
Dans ce cadre, il a plaidé pour un acheminement plus direct des aides et des aliments destinés au bétail, tout en réduisant le nombre d’intermédiaires entre l’État et les bénéficiaires.
« Nous voulons que les aides destinées à l’agriculture et les aliments pour bétail parviennent directement à l’agriculteur et à l’éleveur », a-t-il déclaré.
Fouzi Lekjaa a insisté sur la nécessité de protéger les ressources consacrées au monde rural et de veiller à ce qu’elles atteignent effectivement les agriculteurs et les éleveurs auxquels elles sont destinées.
Il a également établi un lien entre cette orientation et les conséquences de la sécheresse, soulignant que les agriculteurs et les éleveurs ont besoin de mécanismes leur permettant de préserver leur activité, leur cheptel et leurs moyens de subsistance face aux conditions climatiques difficiles.
Selon lui, la gestion des conséquences de la sécheresse ne devrait pas constituer une occasion permettant à des intermédiaires de tirer profit des dispositifs de soutien au détriment des catégories ciblées.
La question du pouvoir d’achat a également constitué un autre volet important de l’intervention de Fouzi Lekjaa.
Le ministre délégué chargé du Budget a appelé à ramener les prix de certains produits à des niveaux qu’il a qualifiés de « raisonnables », estimant que les ménages marocains ne peuvent supporter durablement des marges bénéficiaires élevées.
« Nous voulons que les prix reviennent à leur niveau normal et à un prix raisonnable », a-t-il déclaré, critiquant ce qu’il a qualifié de « profits excessifs » réalisés par certains commerçants.
Il a ainsi défendu une approche visant à préserver le pouvoir d’achat des ménages et à limiter les pressions qui pèsent sur leurs dépenses quotidiennes.
Sur le plan social, Fouzi Lekjaa a réitéré le soutien de son parti à l’augmentation du minimum des pensions de retraite à 3.000 dirhams.
Il a présenté ce montant comme un seuil permettant, selon lui, de garantir des conditions de vie plus dignes aux retraités, après leur parcours professionnel.
Il a également évoqué la situation des familles après le décès d’un retraité, notamment celle des veuves.
Dans ce contexte, il a appelé à revoir les mécanismes permettant de préserver les revenus des familles concernées, estimant qu’une veuve ne devrait pas subir, en plus de la perte de son conjoint, une diminution importante des ressources de son foyer.
Fouzi Lekjaa a rappelé que les retraités ont contribué, tout au long de leur vie professionnelle, aux caisses de retraite et que leurs familles devraient pouvoir bénéficier du fruit de ces contributions lorsque survient le décès du pensionné.
Le secteur de la santé a également figuré parmi les priorités présentées par Fouzi Lekjaa.
Il a plaidé pour un modèle de santé permettant de garantir la dignité du patient et de rapprocher les services médicaux des citoyens, en particulier dans les zones rurales et éloignées.
Il a notamment évoqué les difficultés rencontrées par certains habitants contraints de parcourir de longues distances pour accéder à un établissement de santé ou à une prestation médicale.
« Nous voulons une santé qui garantisse la dignité de la personne malade », a-t-il déclaré, soulignant que l’accès aux soins doit constituer un élément central du Maroc que son parti souhaite construire à l’horizon 2031.
Les élections du 23 septembre au centre des enjeux politiques
Sur le plan politique, Fouzi Lekjaa a consacré une partie de son intervention aux élections législatives prévues le 23 septembre.
Il a estimé que ce scrutin constituera une étape déterminante dans la définition des choix qui orienteront la gestion des affaires publiques jusqu’en 2031.
