Le directeur général de l’Office national des chemins de fer (ONCF), Mohamed Rabie Khlie, a souligné que l’insuffisance des infrastructures de transport coûte au continent africain environ 2 % de sa croissance économique annuelle et entraîne une baisse de la productivité pouvant atteindre 40 %. Il a appelé à passer du diagnostic des difficultés de financement des projets ferroviaires à leur mise en œuvre effective.
Cette déclaration a été faite mercredi à Rabat, lors de l’ouverture du deuxième Forum international sur les solutions d’investissement et de financement pour l’avenir du rail en Afrique, organisé les 14 et 15 octobre, sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, à l’initiative de l’Union internationale des chemins de fer (UIC), en partenariat avec l’ONCF.
Mohamed Rabie Khlie a indiqué que l’enjeu majeur de cette rencontre est de développer des mécanismes de financement innovants pour accompagner l’essor du secteur ferroviaire africain. Il a notamment relevé que les avantages environnementaux du transport ferroviaire offrent des possibilités de mobilisation de financements liés à la réduction des émissions de dioxyde de carbone.
Le responsable a également présenté l’expérience marocaine en matière de développement ferroviaire, mettant en avant le train à grande vitesse Al Boraq, premier du genre en Afrique, ainsi que le réseau national, qui transporte actuellement plus de 55 millions de voyageurs par an.
Il a, par ailleurs, fait état d’un programme d’investissement de l’ONCF dépassant 10 milliards d’euros à l’horizon 2030. Ce programme prévoit notamment le prolongement de la ligne à grande vitesse de Kénitra à Marrakech, le développement d’un réseau de trains rapides sur 630 kilomètres, l’acquisition de 660 voitures et trains supplémentaires, ainsi que le renforcement du transport ferroviaire urbain.
Ce programme s’inscrit dans le cadre d’un plan national de développement du secteur ferroviaire d’un montant de 134 milliards de dirhams, annoncé par le ministère du Transport et de la Logistique. Celui-ci prévoit notamment le raccordement du port Nador West Med au réseau ferroviaire et le développement des services de trains régionaux.
Le forum réunit plus de 200 experts et représentants d’institutions financières, de banques de développement, d’investisseurs et d’organismes ferroviaires issus de 20 pays. Les échanges portent sur la diversification des sources de financement, notamment à travers les partenariats public-privé, les obligations vertes, les fonds d’investissement spécialisés, les financements climatiques et les marchés du carbone, ainsi que sur le renforcement de la coopération régionale pour la réalisation de projets ferroviaires transfrontaliers.
