La cheffe du gouvernement, Fatima Ezzahra El Mansouri, a annoncé une série de mesures visant à lutter contre les pratiques monopolistiques et les intermédiaires spéculatifs, à travers des mécanismes adaptés et en coordination avec le Conseil de la concurrence. Elle a également évoqué la mise en place de dispositifs de contrôle des marchés publics et d’enquête sur les ententes dans les appels d’offres.
Dans ce cadre, la commande publique devrait devenir un levier de production et d’intégration économique. Le gouvernement prévoit ainsi d’obliger légalement les titulaires de marchés publics à réserver 30 % de leur valeur aux petites et moyennes entreprises marocaines.
Présentant les grandes lignes du programme gouvernemental au Parlement ce lundi, El Mansouri a également placé le pouvoir d’achat et l’accélération du chantier de l’État social parmi les priorités de son mandat. La lutte contre la hausse du coût de la vie reposera sur une stratégie combinant l’amélioration des revenus des ménages, la maîtrise des facteurs de renchérissement, l’élargissement de la protection sociale et l’amélioration des services publics.
Parmi les mesures annoncées figure une aide sociale automatique destinée aux ménages éligibles, équivalente au montant de leur facture mensuelle d’électricité lorsque celle-ci ne dépasse pas 100 dirhams pour la résidence principale. Le dispositif devrait fonctionner sans demande sur papier ni déplacement auprès des administrations.
La cheffe du gouvernement a également annoncé des réformes progressives de l’impôt sur le revenu, destinées à augmenter le revenu net des salariés et à encourager l’emploi déclaré.
Pour ramener les prix alimentaires à des niveaux jugés raisonnables, l’exécutif prévoit d’élaborer des plans d’approvisionnement du marché en produits stratégiques. Il entend également rapprocher les producteurs des consommateurs grâce à des sociétés régionales et à des organisations professionnelles chargées de la collecte et de la commercialisation, sur la base d’un cahier des charges unifié.
Le gouvernement prévoit en outre de réformer les circuits de commercialisation des viandes et des poissons, tout en encadrant les relations entre les exportations et l’approvisionnement du marché national selon des règles annoncées et stables.
Sur le volet sociétal, El Mansouri a affirmé que le mandat gouvernemental serait fondé sur la protection de l’identité marocaine commune, la solidarité entre les catégories sociales, les générations et les régions, ainsi que la préservation de la famille en tant que socle de l’équilibre social.
Le gouvernement poursuivra la mise en œuvre de la réforme du Code de la famille, conformément aux orientations du Commandeur des croyants. Il prévoit également une politique intégrée en faveur de l’enfance, de la jeunesse et des personnes âgées, tout en renforçant la protection des femmes, des enfants et des personnes en situation de handicap.
L’exécutif entend par ailleurs consolider les institutions constitutionnelles chargées des droits, de l’égalité et de la parité, et mettre en place une politique globale d’autonomisation des femmes et de lutte contre les discriminations.
La protection des données à caractère personnel figure également parmi les engagements annoncés. Le gouvernement prévoit de renouveler son partenariat avec la société civile, notamment en simplifiant les procédures d’autorisation des associations et en renforçant l’exercice du droit d’accès à l’information.
Concernant la mise en œuvre du caractère officiel de la langue amazighe, la cheffe du gouvernement a annoncé la création d’un fonds spécifique doté de 2 milliards de dirhams, ainsi que la mise en place d’une commission ministérielle permanente auprès de la cheffe du gouvernement.
Cette commission sera chargée de suivre l’intégration de l’amazighe dans l’enseignement, l’administration, la justice, les médias et l’emploi public. Des indicateurs de couverture devront être publiés dans un rapport annuel.
Enfin, le programme gouvernemental prévoit de préserver le patrimoine et d’élargir l’accès à la culture selon le principe de l’équité territoriale. L’exécutif souhaite également renforcer la contribution du secteur culturel au développement, à l’attractivité touristique et à la durabilité.
Une politique intégrée en faveur des Marocains du monde doit, en parallèle, favoriser leur participation citoyenne, maintenir les liens avec le pays et mieux répondre à leurs besoins.
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