Journal 24
jeudi, 17 septembre 2026

Couche d’ozone : un bouclier vital pour la Terre sur la voie du rétablissement

Véritable bouclier de la biosphère contre les rayons ultraviolets (UV), la couche d’ozone constitue une condition sine qua non à la vie sur Terre. Face au risque d’une altération irréversible, l’heur est à l’action pour protéger la santé humaine, la sécurité alimentaire et l’équilibre des écosystèmes.

Pour répondre à cette urgence vitale, l’humanité a scellé, le 16 septembre 1987, le Protocole de Montréal, un accord fondateur célébré chaque année par la Journée internationale pour la préservation de la couche d’ozone, placée cette année sous le thème « Action mondiale pour une planète plus fraîche ».

Située entre 15 et 35 kilomètres au-dessus de la surface terrestre, cette fine pellicule atmosphérique agit comme une barrière naturelle invisible qui neutralise la majeure partie des rayons nocifs provenant du soleil.

C’est dans le prolongement de la préservation de ce bouclier vital que s’inscrit l’Amendement de Kigali, qui célèbre cette année son 10e anniversaire. Adopté en 2016 et entré en vigueur le 1er janvier 2019, ce traité a élargi cet élan mondial en réorientant les efforts vers la réduction des hydrofluorocarbures (HFC), de puissants gaz à effet de serre.

Cet accord prouve ainsi que la réparation de l’ozone stratosphérique et la lutte contre le réchauffement climatique sont indissociables, offrant un modèle d’action multilatérale qui allie protection environnementale, innovation industrielle et efficacité énergétique.

Aux origines du « trou d’ozone »: Facteurs humains et climatiques

Selon le professeur de climatologie à l’Université Hassan II de Casablanca, Mohammed Said Karrouk, l’émission historique de gaz industriels (CFC) a provoqué la dégradation rapide de l’ozone stratosphérique aux pôles, exposant l’humanité et les écosystèmes à de graves dangers, notamment l’augmentation des cancers de la peau.

Cette dégradation est fondamentalement liée aux substances chimiques d’origine humaine (CFC et halons), a expliqué, pour sa part, le militant et écrivain écologiste, Mohammed Tafraouti. Une fois dans la stratosphère, ces composants libèrent des atomes de chlore et de brome qui enclenchent un cycle destructeur, catalysé par les températures extrêmement basses de la stratosphère polaire qui transforment le chlore inactif en une forme hautement réactive, a-t-il détaillé.

Abondant dans ce sens, l’expert environnemental, Mostafa Benramel, a précisé que le « trou d’ozone » n’est pas une perforation littérale, mais correspond à une zone de très faible concentration apparaissant de façon saisonnière, particulièrement au-dessus de l’Antarctique.

Ce phénomène résulte d’une interaction complexe entre la pollution chimique humaine et des conditions climatiques spécifiques, où le froid polaire extrême agit comme un véritable « accélérateur chimique indirect » favorisant la formation de nuages stratosphériques polaires.

Vigilance climatique continue

Face à cette menace environnementale majeure, la résorption est aujourd’hui sur la bonne voie. Selon M. Benramel, grâce au Protocole de Montréal, ce trou ne s’élargit plus et devrait même retrouver ses niveaux de 1980 aux alentours de 2070, ce qui démontre que la coopération internationale et les politiques fondées sur la science peuvent résoudre avec succès une crise écologique mondiale.

Une perspective d’espoir partagée par M. Tafraouti, qui a noté que grâce à ces mesures internationales décisives, la couche protectrice devrait se rétablir progressivement au fil des prochaines décennies, mettant fin à la destruction massive de ce filtre vital.

Alors que les défis environnementaux se multiplient à l’échelle globale, la restauration progressive du bouclier atmosphérique apporte la preuve concrète que la concertation internationale porte ses fruits lorsqu’elle s’appuie sur la rigueur scientifique et l’engagement politique.

En poursuivant sur cette voie et en respectant scrupuleusement les engagements du Protocole de Montréal et de ses amendements, la communauté internationale ne se contente pas de préserver une fine pellicule gazeuse : elle sécurise l’avenir climatique et biologique des générations futures.

En revanche, un relâchement dans la surveillance des émissions des substances appauvrissant l’ozone pourrait prolonger la durée pendant laquelle la couche d’ozone reste vulnérable, et pourrait également aggraver le dérèglement climatique et compromettre les décennies de progrès accomplis.

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