Journal 24
lundi, 26 octobre 2026
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France : des dizaines de milliers de lycéens attendus dans la rue

Des dizaines de milliers de lycéens sont attendus mardi dans les rues de plusieurs villes françaises pour une nouvelle journée de mobilisation, placée sous haute surveillance après plusieurs épisodes de violences et alors que le mouvement commence à gagner les universités.

Les élèves réclament davantage de moyens pour leurs établissements, dénonçant notamment l’insalubrité de certains bâtiments, la surcharge des classes et le manque de remplacement des enseignants absents. Des syndicats ont appelé les personnels de l’Éducation à rejoindre les manifestations prévues à Paris et dans une trentaine de villes.

Dans la capitale, près de 2.000 policiers et gendarmes doivent être mobilisés pour encadrer le cortège, après plusieurs blocages de lycées et rassemblements marqués par des dégradations et des affrontements avec les forces de l’ordre.

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Né le 17 septembre en région parisienne, le mouvement s’est progressivement étendu avant de prendre de l’ampleur jeudi dans plusieurs villes du pays. Lundi, les incidents étaient moins nombreux que vendredi, mais un adolescent de 15 ans a été grièvement blessé à Lens, dans le nord, après avoir eu la main arrachée lors d’une manifestation.

Depuis le début de la mobilisation, plus de 5.000 personnes, majoritairement mineures, ont été placées en garde à vue et 215 élèves ont été blessés, selon le gouvernement. Plus de 700 membres des forces de l’ordre et près d’une centaine de personnels de l’Éducation ont également été blessés.

Dix enquêtes ont par ailleurs été ouvertes par l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) sur les conditions d’intervention des forces de l’ordre, a indiqué lundi soir le ministère de l’Intérieur.

Le mouvement pourrait désormais s’étendre aux universités. Le ministre de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a fait part de ses craintes d’un embrasement national, tandis que l’Union étudiante recensait lundi 32 sites universitaires bloqués.

Selon le ministère de l’Éducation, 589 des quelque 3.700 lycées du pays étaient perturbés lundi, contre près de 800 vendredi.

À quelques mois de l’élection présidentielle, cette mobilisation intervient dans un climat social et politique particulièrement tendu, marqué notamment par la hausse des prix des carburants. Le gouvernement, accusé par les syndicats de répression disproportionnée, maintient sa fermeté face aux violences et appelle les manifestants à exprimer leurs revendications dans un cadre « pacifique ».

Matignon a ainsi appelé à ce que la mobilisation de mardi permette de renouer avec une contestation « encadrée, légale et démocratique ».

Face à un mouvement sans porte-parole clairement identifié, le gouvernement doit désormais tenter de concilier maintien de l’ordre et prise en compte des revendications des lycéens. Le ministre de l’Éducation, Édouard Geffray, a reconnu l’existence d’une génération ayant le sentiment de ne pas être suffisamment associée aux décisions qui la concernent directement.

 

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